?thique - Philosophie - Esthétique, Langues
17280027 - Textes philosophiques en langue étrangère - Grec
| Niveau de dipl?me | |
|---|---|
| Crédits ECTS | 1 |
| Volume horaire total | 15 |
| Volume horaire TD | 15 |
Responsables
Contenu
Licence 2 - Semestre 4 - MAJEURE Philosophie - UE Transversale - Année universitaire 2025-26
Enseignant : Christian GIRARD
Titre du cours : Aristote, Rhétorique (Τ?χνη ?ητορικ?), Livre I
Programme du cours :
Dans la Rhétorique, Aristote cherche à ouvrir une voie médiane entre deux conceptions antinomiques du logos : celle des sophistes qui l’identifie à un mirage performatif affranchi de tout ancrage ontologique et de toute inhérence morale et, à l’inverse, celle de Platon qui veut neutraliser les effets potentiellement délétères d’une parole sans entrave en la subordonnant à l’emprise régulatrice du vrai. Retenant les enseignements du Gorgias, le Stagirite admet avec Socrate que si la rhétorique n’est qu’une compilation d’expédients au service de la démagogie, elle n’a ni dignité ni légitimité politiques. Cependant il concède aussi aux sophistes que, dans les champs de l’éthique et du politique, il n’existe aucun jugement apodictique tel qu’il ne souffrirait aucune contradiction, ni aucune proposition suffisamment forte pour n’être jamais renversée par un argument contraire. En effet, s’il s’agit de décider d'objets qui relèvent d’une délibération dont l’issue pourrait être contraire à ce qu’elle sera, nulle vérité et nulle autorité ne s’imposent comme absolues et incontestables.
Pour dépasser, dès lors, la contradiction entre le relativisme des sophistes qui ne discrimine aucune opinion et le dogmatisme de Platon qui écrase la variété des opinions sous la gravité de la vérité philosophique, il convient de penser l’art de la discussion et le régime de la véridiction à nouveaux frais. Dans ce nouvel horizon épistémique, la rhétorique mérite d’être réhabilitée, parce qu’ elle traite des problèmes qui concernent tout le monde et sur lesquels chacun est compétent et qu’elle est capable de produire des conclusions probables et vraisemblables dans l’ordre du contingent. Surtout, elle est indispensable, parce qu’il faut convaincre de l’utile et du juste, quand, en raison de la nature conflictuelle des hommes, le pire est toujours possible.
L’ambition de concilier l’efficace de l’éloquence à l’efficience du discours vraisemblable confère au traité son caractère hybride. D’un c?té il envisage des questions exclusivement techniques qui ont fait la postérité de l’?uvre dans le champ de la rhétorique : quels rapports entretiennent la rhétorique et la dialectique, l’enthymème et le syllogisme ? Quels sont les différents types de preuves techniques (démonstration, éthos de l’orateur, pathos de l’auditeur) ? Quels critères permettent de distinguer les trois genres oratoires (délibératif, judiciaire, épidictique) ? De l’autre, il apporte des réponses à des questions proprement philosophiques qui vont constituer les traits les plus saillants de l’éthique aristotélicienne : prévalence du vraisemblable sur le vrai dans la définition du souverain bien, recherche de l’efficacité vertueuse, importance des biens extérieurs dans la définition du bonheur. Le lien entre théorie et pratique s’établit dans l’élucidation de la nature de l’enthymème qui, dans l’ordre de la connaissance, est au syllogisme logique, ce que, dans l’ordre de l’éthique, la phronèsis est à la sophia, à savoir une déduction probable qui permet de s’orienter rigoureusement, rationnellement et droitement là où ne prévaut aucune certitude ou vérité indubitables.
Quoiqu’Aristote n’ait jamais été un démocrate au sens où nous l’entendons aujourd’hui, sa Rhétorique est un ouvrage majeur pour notre époque. En effet, bien avant Hannah Arendt, il pose comme principe fondateur du politique la reconnaissance de la finitude et de la pluralité, et avant Jürgen Habermas, il définit les conditions de possibilité d’un ? agir communicationnel ? qui, sans exclure la conflictualité, est confiant dans les capacités de l’ ? animal politique ? à vivre en bonne intelligence avec lui-même et avec les autres. Parallèlement, il exhorte à assumer que, si tous les jugements ont a priori une égale dignité de droit dans l’espace public, ils ne se valent plus de fait dès qu’ils renoncent impudemment ou désespérément à la pondération d’une définition prudente du vrai.
Le TD sera l’occasion d’aborder les questions suivantes :
Le cours consistera en une lecture suivie du livre I de la Rhétorique. Les textes grecs et leur vocabulaire seront distribués lors du premier cours.
Enseignant : Christian GIRARD
Titre du cours : Aristote, Rhétorique (Τ?χνη ?ητορικ?), Livre I
Programme du cours :
Dans la Rhétorique, Aristote cherche à ouvrir une voie médiane entre deux conceptions antinomiques du logos : celle des sophistes qui l’identifie à un mirage performatif affranchi de tout ancrage ontologique et de toute inhérence morale et, à l’inverse, celle de Platon qui veut neutraliser les effets potentiellement délétères d’une parole sans entrave en la subordonnant à l’emprise régulatrice du vrai. Retenant les enseignements du Gorgias, le Stagirite admet avec Socrate que si la rhétorique n’est qu’une compilation d’expédients au service de la démagogie, elle n’a ni dignité ni légitimité politiques. Cependant il concède aussi aux sophistes que, dans les champs de l’éthique et du politique, il n’existe aucun jugement apodictique tel qu’il ne souffrirait aucune contradiction, ni aucune proposition suffisamment forte pour n’être jamais renversée par un argument contraire. En effet, s’il s’agit de décider d'objets qui relèvent d’une délibération dont l’issue pourrait être contraire à ce qu’elle sera, nulle vérité et nulle autorité ne s’imposent comme absolues et incontestables.
Pour dépasser, dès lors, la contradiction entre le relativisme des sophistes qui ne discrimine aucune opinion et le dogmatisme de Platon qui écrase la variété des opinions sous la gravité de la vérité philosophique, il convient de penser l’art de la discussion et le régime de la véridiction à nouveaux frais. Dans ce nouvel horizon épistémique, la rhétorique mérite d’être réhabilitée, parce qu’ elle traite des problèmes qui concernent tout le monde et sur lesquels chacun est compétent et qu’elle est capable de produire des conclusions probables et vraisemblables dans l’ordre du contingent. Surtout, elle est indispensable, parce qu’il faut convaincre de l’utile et du juste, quand, en raison de la nature conflictuelle des hommes, le pire est toujours possible.
L’ambition de concilier l’efficace de l’éloquence à l’efficience du discours vraisemblable confère au traité son caractère hybride. D’un c?té il envisage des questions exclusivement techniques qui ont fait la postérité de l’?uvre dans le champ de la rhétorique : quels rapports entretiennent la rhétorique et la dialectique, l’enthymème et le syllogisme ? Quels sont les différents types de preuves techniques (démonstration, éthos de l’orateur, pathos de l’auditeur) ? Quels critères permettent de distinguer les trois genres oratoires (délibératif, judiciaire, épidictique) ? De l’autre, il apporte des réponses à des questions proprement philosophiques qui vont constituer les traits les plus saillants de l’éthique aristotélicienne : prévalence du vraisemblable sur le vrai dans la définition du souverain bien, recherche de l’efficacité vertueuse, importance des biens extérieurs dans la définition du bonheur. Le lien entre théorie et pratique s’établit dans l’élucidation de la nature de l’enthymème qui, dans l’ordre de la connaissance, est au syllogisme logique, ce que, dans l’ordre de l’éthique, la phronèsis est à la sophia, à savoir une déduction probable qui permet de s’orienter rigoureusement, rationnellement et droitement là où ne prévaut aucune certitude ou vérité indubitables.
Quoiqu’Aristote n’ait jamais été un démocrate au sens où nous l’entendons aujourd’hui, sa Rhétorique est un ouvrage majeur pour notre époque. En effet, bien avant Hannah Arendt, il pose comme principe fondateur du politique la reconnaissance de la finitude et de la pluralité, et avant Jürgen Habermas, il définit les conditions de possibilité d’un ? agir communicationnel ? qui, sans exclure la conflictualité, est confiant dans les capacités de l’ ? animal politique ? à vivre en bonne intelligence avec lui-même et avec les autres. Parallèlement, il exhorte à assumer que, si tous les jugements ont a priori une égale dignité de droit dans l’espace public, ils ne se valent plus de fait dès qu’ils renoncent impudemment ou désespérément à la pondération d’une définition prudente du vrai.
Le TD sera l’occasion d’aborder les questions suivantes :
- Objet spécifique et utilité de la rhétorique
- Les trois preuves techniques
- La nature de l’enthymème
- Les trois genres oratoires
- Rhétorique et politique
- La définition du bonheur
Le cours consistera en une lecture suivie du livre I de la Rhétorique. Les textes grecs et leur vocabulaire seront distribués lors du premier cours.
Bibliographie
L’édition de référence sera :
Dufour F. et Wartelle. A, La Rhétorique. Livre I, Paris, Les Belles Lettres.
Traductions intégrales de l’?uvre :
Bibliographie complémentaire :
En priorité :
En complément :
Dufour F. et Wartelle. A, La Rhétorique. Livre I, Paris, Les Belles Lettres.
Traductions intégrales de l’?uvre :
- Chiron P., Rhétorique, Paris, Flammarion, 2007.
- Lauxerois J., Rhétorique, Paris, Pocket-Agora, 2007.
Bibliographie complémentaire :
En priorité :
- Meyer, M., La rhétorique d’Aristote. Un commentaire raisonné, Vrin, Paris, 2020.
- Platon, Gorgias, traduction par M. Canto-Sperber, Paris, Flammarion, GF, 1993.
- Platon, Phèdre, traduction par L. Brisson, Paris, Flammarion, GF, 1989.
En complément :
- Bodéüs R., Aristote. Une philosophie en quête de savoir, Vrin, Paris, 2002.
- Guyomarc’h G., La philosophie d’Aristote, Repères, Vrin, Paris, 2020.
Contr?les des connaissances
Contr?le continu (CC)
Le cours consistera en une lecture suivie du livre I de la Rhétorique. Les textes grecs et leur vocabulaire seront distribués lors du premier cours. Chaque semaine sera traduit et commenté un texte d’une vingtaine de lignes. ? partir du deuxième cours, les étudiants auront un contr?le sur le vocabulaire du texte étudié lors du cours précédent (20 mots). En fin de semestre, ils devront être capables de retraduire seuls l’intégralité des textes étudiés.
L’évaluation finale consistera en l’analyse, guidée par des questions, d’un texte du livre I de la Rhétorique en version originale, accompagné de sa traduction. Les étudiants, devront proposer un commentaire philosophique du texte, en mobilisant connaissances acquises pendant le cours et réflexion personnelle.
Le cours consistera en une lecture suivie du livre I de la Rhétorique. Les textes grecs et leur vocabulaire seront distribués lors du premier cours. Chaque semaine sera traduit et commenté un texte d’une vingtaine de lignes. ? partir du deuxième cours, les étudiants auront un contr?le sur le vocabulaire du texte étudié lors du cours précédent (20 mots). En fin de semestre, ils devront être capables de retraduire seuls l’intégralité des textes étudiés.
L’évaluation finale consistera en l’analyse, guidée par des questions, d’un texte du livre I de la Rhétorique en version originale, accompagné de sa traduction. Les étudiants, devront proposer un commentaire philosophique du texte, en mobilisant connaissances acquises pendant le cours et réflexion personnelle.
Formations dont fait partie ce cours
Renseignements pratiques
Faculté de Philosophie
Adresse postale :
1C avenue des Frères Lumière
CS 78242
69372 Lyon Cedex 08
Sur Internet
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Sur Internet
Mise à jour : 5 janvier 2026
